LE SITE ET SES CONTENUS

Loïc Céry dirige le Centre international d’études Édouard Glissant (CIEEG) et la revue Les Cahiers du Tout-Monde à l’Institut du Tout-Monde (fondé par Édouard Glissant à Paris en 2006). Spécialiste de Saint-John Perse et d’Édouard Glissant et auteur de plusieurs études littéraires à leur sujet entre autres, il a créé par ailleurs la revue La nouvelle anabase en 2006, consacrée à l’étude de l’œuvre de Saint-John Perse. Ancien élève de l’École Normale de Musique de Paris et violoniste de formation, il a fondé la collection « Musicologie » aux Éditions de l’Institut du Tout-Monde et prépare quatre ouvrages de musicologie pour les prochaines années.
SITE PERSONNEL PRINCIPAL : loiccery.com
La plupart des articles présentés au sein des différentes catégories de ce site ont d’abord été publiés sur mon blog du « Club » de Mediapart. Ceux qui ont été rédigés après la création du site (février 2025) sont et seront mis en ligne dans le même temps sur ce blog Mediapart et ici-même, dans un souci de diffusion maximale. Sur le blog Mediapart, les articles sont la plupart du temps ouverts aux commentaires. Rassemblés ici sous différentes rubriques, ces articles sont donc dissociés du reste du blog, qui peut parfois contenir des sujets autres que musicaux. Complété par la présentation et l’actualisation de mes publications en matière de musicologie, le site (régulièrement mis à jour) rend compte par conséquent de l’ensemble de mes activités en matière de critique musicale (chroniques de concerts et d’enregistrements ; portraits d’interprètes ; approches musicologiques et interprétatives ; actualité des publications personnelles).
UNE CONCEPTION SPÉCIFIQUE DU DISCOURS CRITIQUE
La musicologie telle que je l’entends ne saurait s’identifier à une discipline close sur elle-même, comme elle fut et est encore pratiquée trop souvent à mon sens. Il ne s’agit pas de se borner à une visée descriptive ou morphologique de la musique qui a longtemps défini autant la forme que le fond d’une technique d’analyse. Il est plutôt question d’un discours ouvert sur plusieurs domaines réputés extérieurs à son objet et qui pourtant en induisent la nature, la portée et l’étendue : histoire, histoire de l’art, philosophie esthétique, littérature et histoire littéraire, sociologie, ethnologie. Ainsi conçue, la musicologie emprunte à l’agrégation de ces champs, le modèle d’un panorama de connaissances qui permet de mieux cerner le phénomène musical en soi. À ce titre, je m’inspire en particulier de certaines références théoriques cardinales à mes yeux, au tout premier rang desquelles, les apports incommensurables à l’histoire de la musique, effectués par Jean-Jacques Nattiez, notamment autour de l’encyclopédie musicale éditée sous sa direction chez Actes Sud / Cité de la Musique entre 2003 et 2007 en 5 volumes, sous le titre Musiques. Une Encyclopédie pour le XXIe siècle.

La réalisation de cette nouvelle approche somme toute récente de la musicologie relève selon moi d’une mutation profonde, et de l’aboutissement de tendances préalables qui avaient lors de ces trois dernières décennies, contribué à modifier les analyses à la fois de l’histoire de la musique et des phénomènes musicaux en eux-mêmes. Au gré des cinq volumes du collectif dirigé par Jean-Jacques Nattiez, c’est finalement l’ensemble du spectre musical qui se voit redéfini et ses modalités d’analyse profondément remaniées. Cette refonte porte l’empreinte de l’entendue et de l’éclectisme des travaux musicologiques de Jean-Jacques Nattiez lui-même : provenant de la sémiologie musicale, ses travaux portent à la fois sur l’herméneutique musicale (il est l’un des meilleurs spécialistes de Wagner) ou encore l’ethnomusicologie (il est également connu pour ses travaux sur la musique des Inuits). Ci-dessous, Jean-Jacques Nattiez s’explique sur la genèse et les visées théoriques de cette nouvelle encyclopédie musicale qu’il a dirigée à partir de 2003 :
Pour autant, il ne peut être question là que de l’une des références sur lesquelles je m’appuie librement, car il ne s’agit pas, par cette inspiration, d’inféoder mon approche à une quelconque orthodoxie critique, fût-elle marquée du sceau du renouvellement qu’a manifesté ce jalon de Musiques. En particulier, l’une des interrogations que j’entends mener à bien par les travaux programmés, repose sur une interrogation fondamentale des problématiques de la modernité musicale. Ayant l’intention de proposer certains argumentaires remettant en cause la validité de certains dogmes au cœur du tournant de la modernité et de l’écriture de l’histoire de la musique concernant cette période, il va sans dire qu’au sein des publications actuellement en préparation ou encore de la rubrique « Musicologie » du site, je m’éloignerai allègrement de certains angles adoptés dans cette référence ou d’autres qui pourtant, auront été mobilisées pour des mises en perspective ponctuelles. En somme, il s’agit de pratiquer cette conception spécifique du discours musicologique sous le signe d’une liberté et d’une indépendance résolues, loin des carcans théoriques qui, là comme dans tant d’autres domaines de la connaissance, peuvent se révéler et entraver les meilleures analyses.
Quant aux chroniques musicales mises en ligne sur ce site et mon blog Mediapart, concernant concerts et enregistrements, elles engagent un discours critique qui veut à la fois prendre en compte les interprétations existantes des œuvres considérées (comparées aux événements considérés), qu’une subjectivité personnelle que je m’efforce d’argumenter autant que possible. Comme toujours pour ce type de chronique, les analyses que j’y livre (enthousiasmes ou déceptions) n’engagent que moi, cela va sans dire. Mes enthousiasmes sont réels, et je tiens à les argumenter autant que les déceptions de concerts notamment. On pourra trouver çà et là féroces parfois les analyses concernant ces déceptions (ces cas demeurant tout de même très rares), mais en tout état de cause j’ai choisi ici de ne rien censurer de ce que je pense également en négatif, devant certaines prestations de certains interprètes. Choix de l’honnêteté et de la non-censure : n’étant lié aucune institution musicale, ce type de jugement m’est d’autant plus aisé, et j’y tiens fondamentalement. Ma férocité particulière vis-à-vis d’une survivance pourtant moribonde et des derniers feux des productions d’inspiration sérielle, est ici revendiquée : je persisterai et je signerai. Ces chroniques ont pour but de rendre compte de l’actualité musicale liée aux concerts, aux enregistrements récents ou encore à des enregistrements anciens mentionnés parce qu’ils appartiennent à mes références essentielles. En espérant qu’on pourra y trouver matière et intérêt.
